Ivre
Du mal de vivre
En équilibre
Entre deux rives
Deux tentations,
L’une
Où je m’allume
Et me consume
L’autre où j’assume
La dérision.      

Ivre
De fleurs, de livres,
De pleurs, de givre,
De pures plaintes,
D’absurde absinthe,
De vin de messe
De vin païen.
Tomber par terre et comme un oiseau ivre,
Voler, revivre émerveillé,
Dans l’air plus libre,
Dans l’innocence réveillée,
La joie furtive
D'avoir vole' au temps, dictateur infini,
Un peu d’oubli...

Ivre
De ces dérives
Qui me délivrent,
Qui me dérident
Et me défont
Ivre
Jusqu'au vertige,
Lavant-suicide
Le plus splendide,
Le plus profond.
Ivre,
Le cœur liquide,
La tête vide
Mais pour mieux faire
Bondir la terre
Après l'ivresse
Comme un ballon.
Etre cassé, K. 0. et me survivre,
Me décupler dans ce décor
Sans récidive,
Prison provisoir’ de mon corps
Et que s’écrive
En lettres saoules, en pleurs d'alcool que j'ai toujours
Un manqu' d'amour

Ivre
Quo qu’il arrive,
J’ai soif de vivre,
Entre deux rives,
Deux dérisions...

IVRE

 

Serge Reggiani 

 

 

 

samedi 09 février 2013